Communiqué de presse du 21 avril 2009, 2e jour de blocage

Il est semble-t-il nécessaire de répéter certaines choses encore et encore pour neutraliser la distorsion et la falsification des médias. Tout d’abord, en ce qui concerne la généralisation des hypothèses sur une « guérilla » minoritaire qui serait l’instigateur supposé de cette action, nous répétons une fois de plus qu’une telle organisation n’existe pas. Au moins un millier d’étudiants ont participé activement à la mise en œuvre du blocage des classes. Quiconque se trouvait hier à la Faculté des sciences humanines et sociales peut en témoigner. La décision concernant la poursuite du blocage a été démocratiquement adoptée la nuit dernière après le débat à l’assemblée générale. Malgré l’horaire tardif, plus de 500 étudiants ont complètement rempli la salle en participant à l’assemblée jusqu’à 23 heures. Si l’on y ajoute les déclarations publiques de soutien d’un certain nombre de professeurs, dont certains participent activement à la réalisation de nos programmes d’éducation alternative, et les déclarations de soutien de départements entiers, comme le Département de philosophie, l’hypothèse de l’existence d’un groupe marginal d’aventuriers se révèle complètement invraisemblable.

Abordons ensuite le caractère soit disant incompréhensible et incohérent des revendications. Différentes instances, à commencer par la direction de l’Université, celle de la faculté, ainsi que certains médias, sont unies par leur incapcité à comprendre la moindre syllabe de croate. Puisqu’il peu probable qu’il ne comprennent pas leur langue maternelle, nous devons donc conclure que leurs déclarations portant sur les difficultés à comprendre le problème suggèrent que toute demande visant à obtenir la gratuité de l’éducation pour tous doit être formulée dans le jargon bureaucratique des juristes et administrateurs si l’on veut qu’ils la trouvent cohérente et la comprennent. Que l’on en soit conscient ou pas, ils impliquent ainsi que seuls les juristes sont qualifiés pour articuler des déclarations politiques cohérentes : nous espérons qu’il n’est pas nécessaire d’argumenter davantage contre cette aberration. Le but de ce manège n’est pas difficile à comprendre : il s’agit d’essayer de limiter l’autorité de produire des attitudes politiques « compétentes » et appropriées à une élite très restreinte d’experts en bureaucratie. Au contraire, les revendications politiques portent, par définition, sur des questions concernant l’ensemble de la société. L’objectif fondamental de la démocratie repose dans le procédé même d’articulation de ces revendications politiques dont jouissent les citoyens. Si les autorités en charge refusent de comprendre ces revendications, laissons les réaliser quel visage elles présentent au public.

Le premier jour de l’occupation s’est déroulé conformément à notre plan, de manière disciplinée et sans incidents, avec un large soutien de la part des étudiants et un nombre extraordinaire de personnes assistant aux conférences et au programme alternatif d’éducation que nous avons mis en place. Le Conseil des étudiants de la Faculté des sciences humaines a déclaré soutenir les objectifs de notre action. Nous appelons tous les étudiants des autres facultés, les professeurs et les autres citoyens à être solidaires dans la lutte pour le droit à l’éducation gratuite, dans le cadre d’une lutte plus large pour l’égalité sociale. Les étudiants se battent non seulement pour leur propres droits, mais également pour défendre les intérêts de la société dans son ensemble. Il est temps pour d’autres de nous rejoindre.

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